la politique
expliquée aux enfants
(et aux autres)

un livre de Denis Langlois

Conclusion


Ce livre se termine. Il aurait fallu parler de tant et tant de choses, des misères entraînées par le chômage, de la drogue, des prisons, des handicapés, des personnes âgées que l’on parque dans les maisons de retraite. Ce sont là des problèmes de la vie, ce sont donc des problèmes politiques et tu les rencontreras obligatoirement sur ton chemin.
En commençant ce livre, je t’ai dit que nous ne ferions qu’effleurer le sujet. Si je pouvais t’avoir donné envie d’aller plus loin, de lire d’autres livres, de faire des recherches sur Internet, de te poser d’autres questions, d’en parler avec tes camarades, tes parents, tes professeurs, et surtout d’agir selon ta conscience, je n’aurais pas perdu mon temps.
En fait, ce ne sont pas les livres qui sont importants. Mais ce qu’on pense, ce qu’on rêve, ce qu’on fait après les avoir lus.
Aucun livre n’est sacré. Pas plus celui-ci qu’un autre. Il est fait pour être discuté, critiqué. Il n’est qu’un point de départ. Il ne remplacera jamais l’expérience de la vie : toutes ces joies, toutes ces peines, tous ces espoirs, toutes ces luttes, qui nous construisent jour après jour.
Tu n’as qu’une vie. Efforce-toi de la conduire toi-même. Ne rejette pas bien sûr tous les conseils. Mais méfie-toi de ces besoins, de ces goûts, de ces désirs, de ces envies, de ces idées qui ne viennent pas de toi, que l’on t’impose par la publicité ou par la mode. C’est à toi de penser, de choisir, d’agir, d’être toi-même.
Avance sur le chemin, mais garde toujours les yeux bien ouverts. Il n’y a pas d’homme providentiel qui à lui seul pourra changer le cours des choses. Si tu crois le rencontrer, méfie-toi. C’est peut-être simplement que tu as fermé un instant les yeux.
S’il t’arrive de perdre courage, de croire que ce que tu fais ne sert à rien, rappelle-toi que, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, ce sont les efforts de chacun qui parviennent à se rejoindre et à modifier le cours des événements. Dis-toi que le monde a toujours bougé et bougera encore, qu’au fil des siècles, dans tous les pays, il y a eu des gens qui ont lutté et même parfois donné leur vie pour que notre société devienne plus juste, plus libre, plus généreuse, plus fraternelle.
Ils n’ont pas totalement réussi – c’est le moins qu’on puisse dire –, mais ils n’ont pas échoué non plus, car dans de nombreux domaines il y a eu des améliorations. En tout cas ils ont essayé. Ils ne sont pas restés passifs, les bras croisés, en attendant que la solution tombe du ciel. Ils n’ont pas fermé égoïstement les yeux devant les misères et les injustices qui frappent les autres. Ils ont fait de la politique au sens noble du mot. Bref, ils ont joué pleinement leur rôle d’hommes et de femmes.



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